DISCOURS D’OUVERTURE DE LA PRESIDENTE AU 1er CONGRES STATUTAIRE DE RACINN – HADIN’ KAY



Madame, Monsieur, les ambassadeurs et représentants de la communauté internationale,
Madame, Monsieur, les représentants des partis politiques
Honorables invités,
Camarades, chers invités,
Le congrès national est un moment important dans le fonctionnement de toute formation politique. Le nôtre, le tout premier, se tient aujourd’hui dans un contexte difficile où notre jeune République traverse l’une des périodes les plus chaotiques de son histoire mais qui ouvre, en même temps, de véritables défis à tous ceux qui, comme nous, sont épris
d’indépendance, de liberté et d’amour de la Patrie.
C’est pourquoi, nous plaçons la tenue du premier Congrès Statutaire du Parti RACINN Hadin’ Kay sous le signe du patriotisme et de la solidarité nationale avec les populations pauvres. Il nous faudra mettre à profit ce temps de réflexion collective pour analyser au mieux le contexte présent, comprendre le sens des mutations en cours dans le monde, dans notre région et dans notre pays, afin d’en tirer la stratégie la plus efficace pour la sauvegarde de nos intérêts propres et pour le bien-être de tous ; Stratégie que nous allons soutenir et défendre, en appelant les dignes filles et fils de la Nation à une prise de conscience intelligente des sérieuses menaces qui nous guettent et, partant, à une large mobilisation.
Si l’on regarde l’état actuel du monde en général, on se rend compte que depuis plus d’une décennie, il traverse une crise grave qui affecte aussi bien l’assise financière des grands ensembles politico-économiques en Europe et en Amérique, que la stabilité même des anciennes puissances car le capitalisme effréné qui caractérise leur économie est en train d’induire une régression sociale jamais connue par les générations actuelles : crise financière et monétaire, crise de l’emploi, crise énergétique, crise politique, crise d’identité, crise sécuritaire, et que sais je encore.
Une situation peu reluisante d’un système économique entièrement bâti sur l’exploitation des ex empires coloniaux et sur les rentes d’après-guerre et dont la montée en puissance de nouveaux pôles économiques en Asie, en Russie en Afrique du Sud et en Amérique Latine est train de réduire significativement l’influence dans l’ordre économique et politique mondial.
La forte dépendance du vieux monde vis-à-vis de l’extérieur pour la satisfaction de ses besoins énergétiques, en particulier, est à l’origine de toutes les manoeuvres qu’il déploie, depuis le sommet de la Baule jusqu’aux guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye et aujourd’hui en Syrie, dans le seul but d’affaiblir les Etats indépendants émergeants en
Asie et en Afrique et de s’immiscer dans les lézardes laissées ouvertes par des pseudo-démocrates dans des pays fragilisés et balkanisés pour y conforter leur mainmise sur les ressources minières et leur positionnement géostratégique.
Camarades, nous avons, tous, été témoins et nous avons vu et connu ces lézardes loin de chez nous. Au Libéria, en Côte d’Ivoire, en Guinée
Bissau, en Guinée Conakry, et aujourd’hui elles arrivent à nos portes, en Libye d’abord, assimilée à un « avant-poste de la tyrannie », au Mali ensuite, pris dans « l’axe du mal » et où règne aujourd’hui encore une situation de Ni Guerre Ni Paix mais dont le peuple meurtri, traumatisé et divisé se réfugie de pays en pays. Puis, au Nigéria, où s’amplifie une
violence aveugle que semblent alimenter à la fois la misère des masses, l’obscurantisme religieux et l’obstination du refus du dialogue.
Que dire dans ces conditions de notre pays, fragiles parmi les plus fragiles de la région, pris en étau, du Nord au Sud et d’Ouest en Est dans la tourmente de ces violences et trafics en tout genre, et désormais placé dans le collimateur du terrorisme international comme une inéluctable fatalité.
Nous condamnons avec la dernière énergie l’usage de la violence quelle qu’en soit la raison qui la motive et quel que soit celui qui en use. Rien sur cette terre, aucune guerre, aucun conflit ni aucune terreur ne peuvent résister aux vertus du dialogue. Seuls refusent le dialogue ceuxlà qui ont quelque chose à cacher.
A cette occasion, permettez-moi d’adresser une pensée pieuse aux familles endeuillées par les évènements d’Agadez et de Niamey et de vous inviter à observer une minute de silence à la mémoire des innocentes victimes de ces attaques injustes et intolérables.

Camarades,
Ne sous-estimons pas la gravité de la situation sécuritaire, prenons bien la mesure de la menace qui est réelle mais restons vigilants vis-à-vis ceux qui veulent s’en servir pour tout justifier et pour mettre la nation en coupe réglée.
L’installation durable de l’insécurité et de la psychose antiterroriste dans notre pays aura des conséquences désastreuses sur nos ressources financières, sur notre mode de vie et sur l’Etat de droit lui-même.
En effet, partout dans le monde où cela s’est produit, la lutte « antiterroriste » s’est transformée, dans la réalité, en une guerre contre les libertés fondamentales. Des restrictions des droits sont imposées au quotidien aux populations, dans leur liberté de mouvement, dans leur droit d’expression, leur façon de vivre et de parler. La délation et la
violation de la vie privée des citoyens se font sans aucun recours possible. L’exécutif s’empare du pouvoir de la justice. Et ce n’est là qu’une première étape vers « l’enfermement » des populations, vers la fin de l’opposition politique, vers la dictature.
Il nous faut analyser et comprendre ces enjeux-là pour que les dispositions « antiterroristes » n’ouvrent pas la voie à la militarisation de notre gouvernance politique, à la dictature de parti unique, à la stigmatisation culturelle et religieuse, aux attaques contre les opposants et les populations, à la perte de la souveraineté nationale dans tous les sens du terme.
Il dépendra de notre sens de patriotisme et de notre capacité à nous unir et à résister pour empêcher qu’il en soit ainsi, ici et maintenant, dans notre propre pays.

Camarades, mes soeurs et frères nigériens, Le temps présent pose bien des questions et marque un tournant dans
la conception de notre Société et de notre vie. Il doit être l’occasion de refonder un nouveau pacte social auquel doivent oeuvrer toutes les forces progressistes. Le Niger n’est pas épargné par les débats idéologiques qui entourent la question religieuse. Il faut que notre pratique soit guidée par la quête du « juste milieu », elle-même qui se fonde sur la connaissance de notre religion et sur la culture de la tolérance. La défense de notre patrie et de notre dignité est indissociable de la protection de nos religions traditionnelles. Il faut que l’Islam, qui est la religion du plus grand nombre, et nos traditions soient notre rempart spirituel et moral contre les assauts répétitifs et insistants de certaines
valeurs extérieures qui jurent profondément d’avec notre histoire et notre civilisation.
En effet, le principe de la laïcité et de la liberté religieuse, consacré du reste par toutes les Constitutions qui se sont succédées depuis l’indépendance est le témoignage le plus illustratif de la prédominance d’une culture de tolérance et de paix au sein de notre communauté.
Veillons à ce que tout ce l’on nous propose à boire et à manger ne vienne pas avec des conditionnalités qui remettent en cause notre culture et nos traditions.
Nous devons également attacher une très grande attention au bien être de notre population pour qui la simple satisfaction des besoins de manger et de boire est en train de devenir une préoccupation obsessionnelle. Comment peut-on admettre cela ? Comment peut-on simplement le comprendre ?
En effet, Niger se trouve placé dans un contexte climatique de type sahélien, caractérisé par l’irrégularité de la pluviométrie d’une année à l’autre d’une région à une autre au cours d’une même année et par l’imprévisibilité des précipitations. De ce fait, l’incidence du changement climatique à l’échelle planétaire renforce cette tendance et nous impose une grande écoute du monde rural et une capacité d’anticipation qui malheureusement semble faire défaut dans les réponses apportés au monde rural. Depuis 50 ans, presque 1 année sur 2 est déficitaire ! On n’est plus alors dans le conjoncturel et on ne saurait adresser à un processus de mutation géo-climatique en cours, des réponses politiques,
des propagandes partisanes mais plutôt le renforcement des institutions techniques de l’Etat habilitées à concevoir et à mettre en oeuvre des stratégies durables. La preuve est faite que ce n’est pas dans la démultiplication du ministère de l’agriculture, et de bien d’autre d’ailleurs, que le nigérien sortira du cercle vicieux de la sous-alimentation et de la
malnutrition.
Nous savons que des solutions pertinentes existent, moins budgétivores consistant à décloisonner les différents secteurs de la production économique du pays pour que les ressources produites par chacun d’entre eux soient connues et équitablement réparties pour soutenir à la fois un décollage équilibré du pays et la satisfaction des besoins
élémentaires de nos populations, de boire, de manger normalement, de se soigner et de s’éduquer.

Enfin, et à cela nous accordons la plus haute importance aussi bien dans les délibérations de ce Congrès et le fonctionnement de notre parti que dans la vie de la Nation, je veux parler de la situation de la femme dans
notre société et du chômage des jeunes qui s’installe, du défaut de protection sociale des personnes et de l’effondrement du pouvoir d’achat, qui sont toutes des sources de frustrations du citoyen, aussi bien en milieu rural qu’urbain.
Les conditions de vie de la femme nigérienne telles que décrites, par ceux qui abordent nos réalités superficiellement, sont les pires en ce monde. Alors que tous les constats dressés et les études spécialisées reconnaissent la place centrale de la femme dans l’économie des ménages et son rôle moteur dans l’éducation des enfants, il persiste encore dans l’évolution de notre société beaucoup de préjugés, de subjectivités, d’autocensures et des facteurs inhibiteurs qui empêchent l’exercice d’une volonté politique favorable à l’émergence économique, politique et sociale des femmes et des jeunes.
La conséquence de cette démission, en est que c’est à l’image de la femme que se dessine le profil pays du Niger dans le monde, et comme vous le savez déjà, il n’est pas beau du tout.
Quant à la jeunesse, elle est l’objet de manipulation et de calcul politiciens de tout genre. En effet, comme les femmes, les jeunes représentent la couche de la population la plus active et la plus nombreuse. C’est pour le politicien véreux, de l’herbe à brûler et du bétail électoral pour remplir les urnes. Et c’est dans cet objectif qu’il leur est taillé une place de choix dans les discours de campagne et les promesses électorales. Nous venons d’en être témoins et nos enfants sont toujours dans les Fadas et sur les routes de l’exil. Cela ne saurait continuer, nous avons aujourd’hui la jeunesse la plus intelligente et la plus dynamique de notre histoire, et nous assistons impuissants à la destruction de ce potentiel économique au nom de récompenses électoralistes et autres calculs personnels. Vous savez que face à ces
menaces, que nos dirigeants connaissent mieux encore pour les avoir nommées de « forces centrifuges », il faut craindre que cette jeunesse se radicalise et soit tentée par l’extrémisme. Il est de notre devoir de les interpeler à ce sujet pour que des réponses appropriées soient apportées par les principaux employeurs du pays et par l’amélioration des conditions d’investissement privé et de l’auto-emploi au Niger.
Je sais que les plaies sont nombreuses, il n’est pas possible de les examiner toutes à la fois mais nous avons à coeur la décomposition du système de l’éducation et la dégradation de la qualité de l’enseignement auxquelles les seules réponses que l’on nous donne concerne l’héritage d’une république déchue à celle de la renaissance et consiste en une
litanie de chiffres de classes trouvées et construites comme si c’est à cela seulement que se réduit la performance d’une politique éducative.
L’école est un sanctuaire de la société, comme la famille, qui ne doit absolument pas être profané comme il l’est actuellement par des querelles politiciennes. Si l’école ne va pas bien, la société régresse, point barre.
Camarades, chers invités,
Je vous remercie de votre présence massive à l’ouverture de notre Premier Congrès et de votre patiente écoute. Je ne terminerai pas sans rappeler qu’il peut paraître « faire désordre » que des partis naissent et se diversifient dans le paysage politique nigérien. Mais, à notre avis, cela est plutôt salutaire pour canaliser la participation et l’expression politique d’une masse plus nombreuse de citoyens qui réprouvent l’inertie, et le manque d’alternance générationnelle et même idéologique, pourquoi pas, qui caractérise les partis depuis 1990.
Dans un tel contexte, il nous paraît fondamental de créer les conditions de regroupements de partis et d’alliances politiques fondées sur le projet unique de construire le Niger avec nos ressources propres, dans la dignité et l’honneur, et non, comme nous le voyons toujours, sur des logiques égoïstes de se servir de l’Etat à des fins partisanes et
personnelles.
C’est notre motivation, c’est notre idéal. « Si nous pouvons le concevoir Ensemble, alors réalisons-le Ensemble !!! »
Vive Le parti RACINN ! Vive le Niger ! Je vous remercie.


Toute l'actualité
Lire les commentaires
  >  Mme Bayard Mariama Gamatié..[ La suite ]
>  DISCOURS DE LANCEMENT DE CANDIDATURE..[ La suite ]

Laissez un commentaire

Ajoutez votre commentaire ci-dessous,

Mom
Email
Entrer ce code Ctssh
Code